Mangroves

D0490.jpg

Mangrove: une ressource précieuse.
Photo: S. Baba, ISME

Les forêts de la mangrove constituent un lien verdoyant entre la terre et la mer. Ces peuplements d'arbres, arbustes, palmiers et fougères halophiles protègent les littoraux en absorbant l'énergie des vagues et du vent lors de tempêtes et règlent la qualité des eaux estuariennes et littorales par sédimentation et absorption d'éléments nutritifs.

Depuis des siècles aussi, les forêts de mangrove ont servi à entretenir les cultures traditionnelles des populations riveraines, en tant que sources de poissons, gibier, bois de feu, substances médicinales, tannins et fourrage pour le bétail, et elles ont permis le développement des industries qui les utilisent comme source des matières premières pour la fabrication de papier, panneaux de particules, charbon de bois et matériaux de construction.

Hélas les écosystèmes de mangrove disparaissent au rythme de 100.000 hectares environ par an, et des milliers d'hectares en plus sont dégradés par la surexploitation et par des catastrophes naturelles comme le tsunami d'Asie en décembre 2004, au point où souvent leur survie est incertaine.

Consciente de la situation problématique des forêts de la mangrove et de leur rôle important dans les tropiques, l'OIBT a mis au point, dans le cadre d'un partenariat avec des organisations locales, nationales et internationales, un large éventail de projets pour les mangroves. Ces projets sont conçus pour aider les pays et les communautés à conserver, remettre en état et gérer de manière durable leurs écosystèmes de mangrove; ils incluent, par exemple, au Gabon et au Venezuela, une cartographie, des plans d'inventaires et d'utilisation du territoire afin de définir un domaine permanent national de forêt de mangrove; en Thaïlande, en Egypte et au Congo, pour la restauration des mangroves et leur aménagement; et au Panama, pour entretenir la pêche dans les mangroves en tant qu'élément de leur utilisation durable.

En Colombie, un projet de l'OIBT porte sur la conservation, la réhabilitation ou la production 35 unités de gestion des mangroves le long des côtes du Pacifique et des Caraïbes. Plus de 50 sites de restauration ont été établis pour comparer la survie et la croissance des espèces de palétuviers; des pépinières communautaires produisent de jeunes plants et perfectionnent les techniques de plantation; et les systèmes de suivi enregistrent les conditions de croissance. Les communautés auxquelles le projet a dispensé une formation à la culture des mangroves se sont embarquées dans des projets pilotes pour replanter les terres dégradées, pour rouvrir les canaux envasés et rétablir la pêche, et pour réintroduire le savoir-faire héréditaire sur l'exploitation des forêts de mangrove. Le projet a également permis de dégager de nouvelles informations sur les mangroves: par exemple, les enquêtes sur la faune ont révélé plusieurs espèces qui n'avaient pas été précédemment recensées sur la côte des Caraïbes colombiennes; certaines étaient nouvelles dans ce pays, et d'autres probablement encore inconnues des scientifiques.

L'OIBT a financé la mise en place d'un réseau international pour la conservation et l'utilisation durable des ressources génétiques des forêts de la mangrove, l'élaboration d'un manuel pour la restauration des écosystèmes de mangrove, la publication d'un atlas très apprécié des mangroves du monde (dont une révision complète est en cours), et la création d'une base de données sur les mangroves, appelée GLOMIS (Global Mangrove Database and Information System).

Le Conseil international des bois tropicaux a fait connaître l'intention de l'OIBT de renforcer son programme sur les mangroves lorsqu'il a approuvé son Plan de travail sur la mangrove pour la période 2002–2006. Ce plan est destiné à guider les pays membres qui sollicitent l'appui de l'OIBT pour des projets de gestion, conservation et réhabilitation de leur mangrove. Bénéficiant de partenariats efficaces déjà conclus avec divers organismes s'occupant de mangrove, l'OIBT est bien placée pour accorder davantage son aide aux communautés qui dépendent de ces forêts et pour promouvoir l'utilisation durable de ces écosystèmes menacés.

Vous trouverez un exposé détaillé du programme d'action de l'OIBT en vous reportant au Plan d'action OIBT de Yokohama ou en cliquant sur Ressources et Dossier des projets pour en savoir plus au sujet des travaux de l'OIBT sur la mangrove.