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À propos de l'OIBT

L'OIBT est une organisation intergouvernementale qui favorise la conservation ainsi que la gestion, l'exploitation et le commerce durables des ressources des forêts tropicales. Ses pays membres représentent environ 80 pour cent des forêts tropicales du monde et 90 pour cent du commerce mondial des bois tropicaux.

Bref historique

L'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) a été créée sous les auspices des Nations Unies en 1986, époque où le sort des forêts tropicales suscitait des préoccupations croissantes dans le monde. Alors que le rythme de la déforestation dans de nombreux pays tropicaux provoquait une inquiétude quasi unanime, on s'accordait généralement à considérer que le métier des bois tropicaux n'en constituait pas moins une des chevilles ouvrières du développement dans ces pays. La conciliation de ces deux phénomènes, d'apparence disparate, fait toute l'histoire de l'OIBT.

Les origines de l'OIBT remontent à 1976, lorsque, à la quatrième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), dans le cadre du Programme pour les produits de base conçu par de cette organisation, débuta la longue suite des négociations qui devait aboutir à l'Accord international sur les bois tropicaux (AIBT). Les travaux de l'Organisation furent dès lors régis par l'AIBT de 1983, jusqu'au 31 décembre 1996, lorsqu'il fut remplacé par l'AIBT de 1994. Les négociations qui se sont déroulées, à nouveau sous l'égide de la CNUCED, en vue de conclure un accord qui succéderait à ce dernier, se sont achevées récemment. L'AIBT de 2006 doit entrer en vigueur en 2008.

À l'époque des négociations de l'AIBT au début des années 80, le sort des forêts tropicales devenait un thème de préoccupation croissante et la communauté internationale était mise en demeure d'agir. La préservation des forêts devint alors un enjeu de négociation non moins important que le commerce, comme le fait ressortir le préambule de l'Accord: en effet, une importance égale y est attribuée à la conservation et au commerce. Les auteurs de l'Accord étaient persuadés qu'un commerce des bois tropicaux florissant, basé sur des ressources forestières bien gérées, pourrait être la clé du développement durable, procurant des devises et créant des emplois tout en préservant les forêts naturelles de la destruction, de la dégradation ou de leur suppression.

L'AIBT qui devait entrer en vigueur n'était pas un accord de produit de base au sens classique du terme. Il constituait en effet un accord portant tout autant sur la conservation et la mise en valeur des forêts que sur le commerce. En fait, il anticipait les problématiques développées dans le Rapport Brudtland de 1987 et au Sommet de la Terre de 1992, et ses éléments relatifs au commerce, outre leurs finalités propres, n'en étaient pas moins des instruments au service de la conservation des forêts tropicales.

L'AIBT de 2006 s'est édifié sur les fondations des accords précédents, en se donnant pour axes l'économie mondiale des bois tropicaux et la gestion durable des ressources forestières, encourageant ainsi simultanément le commerce du bois et une meilleure gestion des forêts. Il renferme en outre des dispositions de portée plus large, tel l'échange d'informations, notamment celles relatives au commerce des bois non-tropicaux, et permet de prendre en compte des problématiques propres à ces bois envisagées dans leurs rapports avec les bois tropicaux.

Une organisation sans pareille

L'OIBT occupe une place inhabituelle dans la famille des organisations intergouvernementales. A l'instar de toutes les organisations de produits de base, son champ d'intervention est celui du commerce et de l'industrie, mais comme aux termes d'un accord sur l'environnement, elle s'attache aussi de manière particulière à la gestion durable des ressources naturelles. Elle administre également son propre programme de projets et d'activités, ce qui lui permet de rapidement mettre à l'essai et en pratique les politiques et orientations qu'elle élabore. Les autres traits qui la caractérisent sont les suivants:

  • un partenariat de type égalitaire dans les prises de décisions, la formulation des politiques et l'élaboration des projets entre ses membres producteurs (pays tropicaux en développement) et membres consommateurs de bois tropicaux (principalement des pays développés des zones tempérées);
  • la participation active de la société civile et des organismes professionnels aux réunions et aux travaux de projets;
  • la formulation et la mise en oeuvre de projets dans les pays membres producteurs par lesquels sont principalement mobilisées des compétences nationales;
  • des réunions semestrielles de son organe directeur, le Conseil international des bois tropicaux, c'est-à-dire un rythme de débats, décisions et actions comparativement rapide.

Ce que fait l'OIBT

L'OIBT élabore des textes d'orientation ayant fait l'objet d'un accord international et visant à favoriser la gestion forestière durable et la conservation des forêts, et elle aide les pays tropicaux membres à adapter ces orientations aux conditions locales et à les mettre en oeuvre par des projets sur le terrain. En outre, l'OIBT rassemble, analyse et diffuse des données relatives à la production et au commerce des bois tropicaux, et elle finance une gamme de projets et d’autres actions qui visent à développer des entreprises d'échelle villageoise ou industrielle. Pour plus de renseignements sur le programme d'action de l'OIBT, cliquer sur L'OIBT à l'oeuvre, ou se reporter au Programme de travail biennal de l'Organisation.

Les Membres peuvent soumettre des propositions de projets au Conseil pour examen et financement en respectant le cycle des projets OIBT. Ces projets peuvent être des projets pilotes et de démonstration, projets de développement des ressources humaines ou projets de recherche-développement; le Plan d'action stratégique de l'OIBT énonce les différents types d'activités que l'Organisation doit mener dans les travaux de projets et d'orientation. Tous les projets sont financés par des contributions volontaires, la plupart émanant de pays membres consommateurs. Depuis son entrée en activité en 1987, l'OIBT a financé plus de 800 projets, avant-projets et activités dont la valeur dépasse 300 millions de dollars E-U. Les principaux bailleurs de fonds sont les gouvernements du Japon, de la Suisse et des États-Unis d'Amérique.

Structure de l'OIBT

L'organe directeur de l'OIBT est le Conseil international des bois tropicaux qui se compose des membres de l'Organisation. Comme indiqué ci-dessus, l'OIBT compte deux catégories de membres: le Groupe des producteurs et le Groupe des consommateurs. Les montants des contributions annuelles et les nombres de voix sont attribués à égalité entre les deux groupes. Dans chaque Groupe, la quote-part et le nombre de voix de chaque membre producteur sont calculés en fonction de son commerce des bois tropicaux mais aussi de l'étendue des forêts tropicales présentes sur son territoire.

Le Conseil bénéficie de la collaboration de quatre comités, ouverts à tous les membres et observateurs, qui dispensent leurs avis et assistance au Conseil en matière d'orientations et de projets. Trois de ces comités interviennent dans les domaines essentiels des travaux d'orientation et de projets: information économique et information sur le marché; reboisement et gestion forestière; et industrie forestière. Ces comités bénéficient de la collaboration d'un groupe d'experts chargé de l'évaluation technique des projets et avant-projets, lequel s'intéresse à la qualité technique des propositions de projets et juge de leur pertinence aux objectifs de l'OIBT. Le quatrième comité, le Comité financier et administratif, dispense ses avis au Conseil sur les questions budgétaires et autres questions de financement et d'administration ayant trait à la gestion de l'Organisation. L'organigramme de l'OIBT figure dans son Plan d'action stratégique.

Les parties prenantes non membres de l'Organisation ont constitué deux groupes à fonction consultative destinés à faciliter leur participation aux travaux du Conseil et à enrichir de leurs apports les décisions de ce dernier. Il s'agit du Groupe consultatif sur le commerce (TAG) et du Groupe consultatif de la société civile (GCSC).

L'OIBT dispose d'un petit secrétariat de quelque 35 employés situé à Yokohama (Japon). Il est dirigé par le Directeur exécutif, responsable devant le Conseil de l'administration et de l'exécution de l'Accord selon les décisions adoptées par le Conseil. L'Organisation fait appel également à des représentants régionaux en Amérique latine et en Afrique qui collaborent au suivi des projets et à d'autres fonctions.

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