Commerce du bois durable: leaders et secteur privé en Asie-Pacifique réunis par l’OIBT en Malaisie
11 mai 2026, Kuala Lumpur
La Journée du commerce et des marchés de l’OIBT, qui s’est tenue à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 24 avril dernier a réuni des participants de toute la région Asie-Pacifique dans le but de renforcer le commerce légal et durable des bois tropicaux dans le contexte des tendances auxquelles est confrontée la filière. © OIBT
À l’occasion de sa Journée du commerce et des marchés organisée à Kuala Lumpur, en Malaisie, l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) a récemment réunit décideurs, leaders du secteur privé, organismes de certification, scientifiques et spécialistes du commerce de toute la région Asie-Pacifique.
Tenue en marge de l’Atelier régional Asie-Pacifique de formation OIBT aux Avis de commerce non préjudiciable (ACNP) de la Convention sur le commerce international d’espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) relatifs aux essences forestières inscrites à l’annexe II, et organisée avec le concours du Ministère malaisien des plantations et des produits de base (KPK), elle a été axée sur le renforcement du commerce légal et durable des bois tropicaux sur fond de demande mondiale en expansion, de pressions croissantes des réglementations et d’incertitudes grandissantes sur les marchés.
La Directrice exécutive de l’OIBT, Sheam Satkuru, qui ouvrait cet événement, a souligné l’importance de resserrer les liens de collaboration entre les pouvoirs publics et la filière. «L’expansion et la diversification du commerce des bois tropicaux issus de forêts faisant l’objet d’une gestion durable et d’une exploitation dans le respect de la légalité demeurent au cœur du mandat de l’OIBT», a-t-elle observé. «Il est essentiel d’entretenir des relations constructives avec le secteur privé pour renforcer les chaînes d’approvisionnement, trouver des solutions applicables et veiller à ce que les marchés soient résilients et fonctionnent correctement.»
Des discussions ont également eu lieu en présence de représentants de sept pays membres de l’OIBT. Elles ont porté sur les principaux défis auxquels est confronté le secteur, notamment le Règlement sur la déforestation de l’Union européenne (RDUE), les évolutions des exigences de la CITES, les perturbations d’ordre géopolitique ou encore les nouvelles attentes des marchés. Mme Satkuru a souligné que «des marchés du bois bien régis et efficacement réglementés pour toutes les essences peuvent être de puissants moteurs d’une croissance et d’un développement durables.»
Dans son allocution luminaire, Herry Purnomo, du Centre de recherche forestière internationale-Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIFOR-ICRAF), a évoqué l’essor de la demande mondiale en bois que l’on projette à l’horizon 2050, qui justifie d’autant la nécessité de renforcer la gouvernance des forêts, la traçabilité et les systèmes d’approvisionnement durable. Des spécialistes de l’Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT), du Conseil de bonne gestion forestière (FSC) et du Programme de reconnaissance des dispositifs de certification forestière (PEFC) ont examiné comment la certification pouvait aider les producteurs à se conformer aux obligations du RDUE tout en améliorant la vérification de la légalité et leur accès aux marchés.
Il a aussi été question des innovations technologiques, en particulier les tests génétiques et isotopiques, de l’identification du bois assistée par l’intelligence artificielle, des outils de géolocalisation ou encore des dispositifs de traçabilité numérique, qui prennent une importance grandissante s’agissant de renforcer la transparence, la diligence raisonnée et la conformité, ce tout particulièrement pour les petits exploitants-producteurs et les industries nationales.
Divers pays, Malaisie, Indonésie et Viet Nam, ont présenté leurs perspectives concernant la diversification des marchés, la hausse des coûts de mise en conformité, les perturbations d’ordre logistique et les préoccupations commerciales spécifiques à telle ou telle essence. Les participants ont par ailleurs examiné les implications des récentes évolutions des politiques en matière de commerce international, notamment les développements aux États-Unis, qui incitent nombre de pays producteurs à diversifier leurs marchés d’exportation et à s’adapter aux évolutions des réalités géopolitiques.
En parallèle, des discussions organisées sur l’application de la CITES ont porté sur les préoccupations entourant l’éventuelle inscription à l’annexe II d’essences forestières majeures au plan commercial. Les participants ont souligné qu’une inscription à l’échelle d’un genre tout entier ne faisait que créer des charges imprévues pour les essences gérées en mode durable et pour les pays producteurs, tout en ayant des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement. Ils ont enfin fait valoir la nécessité que la prise de décisions soit fondée sur des données scientifiques, un partage des données accru et une collaboration entre l’OIBT et la CITES plus étroite.
Une table ronde de haut niveau modérée par Mme Satkuru a réuni Mme Noraihan Abdul Rahman (Conseil malaisien du bois, MTC), M. Ngo Sy Hoai (Association du bois et des produits forestiers du Viet Nam, VIFOREST), M. Tjipta Purwita (Forum indonésien des communautés forestières), M. Steve Johnson (OIBT) et M. Joe O’Donnell (Association internationale des produits du bois, IWPA), qui ont exploré les stratégies visant à renforcer la résilience, l’harmonisation des politiques et le commerce légal et durable régi par des cadres de réglementation de plus en plus complexes.
Tout au long de cet événement, les conférenciers n’ont eu de cesse de souligner la nécessité de renforcer les capacités des petits exploitants-producteurs, des producteurs nationaux et des pays en développement et de leur apporter une assistance technique.
«En restant informé, agile, constructif et tournés vers l’avenir, il est possible de bâtir la confiance et la conviction nécessaires pour se conformer aux évolutions des attentes et conditions des marchés», a déclaré Mme Satkuru.
L’OIBT a remercié le Ministère malaisien des plantations et produits de base, l’organisation TRAFFIC et le Ministère fédéral allemand de la conservation de la nature ainsi que tous les partenaires techniques de leur concours apporté à cette Journée du commerce et des marchés qui a contribué à en faire une plate-forme clé de dialogue sur le futur de la filière forêt-bois tropicale et du commerce du bois associé.